07 octobre 2009

Lost in literature

Week 2. Quand on sera à la week 5, ou 4 je sais plus, enfin dans 3 semaines, je devrai rendre mon premier essay, un commentaire de 1500 mots sur un extrait de roman que, bien sûr, je n'ai pas lu. Et je suis méga flippée de la mort.

En fait, je suis méga flippée tout court sur la littérature en général.

Ce n'est pas que je ne comprends pas, je comprends 80 à 90% de ce que racontent les profs. Un peu moins quand les autres filles prennent la parole. Mais pourtant, je me sens complètement à la ramasse. Je sors de ce cours, j'ai l'impression d'avoir deux neurones, de n'avoir jamais fait de littérature de toute ma vie, après deux années de licence c'est vachement rassurant, j'ai l'impression que je ne pourrai jamais rattraper le train en marche.

Je me sens totalement paumée alors que les autres cours, spécial étudiants étrangers ne faisant pas de licence d'anglais, j'ai au contraire l'impression de ne rien apprendre et j'ai un mal de chien à trouver un intérêt quelconque aux textes à trous pour conjuguer les verbes au present perfect. L'écart est immense, il n'y aucune cohérence dans ce que je fais, le choix des cours est plus que merdique. Parce qu'on est restreint. Idéalement je voulais prendre un cours de littérature américaine, un petit cours de civilisation, je me retrouve dans un cours de littérature britannique (et la litté britannique ça me gonfle sévère, ils sont obsédés par leurs colonies) et à faire des exos de grammaire niveau lycée.

Je suis en plein doute existentiel sur le cours de littérature. Objectivement c'est intéressant. Sauf que je ne vois pas bien l'intérêt d'un td qui dure trois quarts d'heure, où les autres filles font l'intégralité du cours, où personne ne prend de note. Je sais, la méthode est différente. Je sais, je devrais mettre les pieds à la library, je sais. Mais j'ai énormément de mal à trouver mon rythme. Ma seule motivation est complètement superficielle, regarder dans le blanc des yeux mon prof pendant à peine une heure, tenter de retenir deux ou trois notions au passage, parler avec de vrais Anglais et pas une Espagnole qui se présente en disant «  I am an érachmouche stoudente » (j'ai rien contre les espagnoles, arrêtez de vous méprendre dès que je fais une analyse de comptoir sur les différentes nationalités que je rencontre, ma coloc espagnole parle beaucoup mieux anglais que ça), mais à chaque fois, je sors de ce cours le moral dans les chaussettes en me disant que si je n'étais pas venue, ça n'aurait rien changé. Et pour l'instant ça ne change rien. J'ai toujours l'impression de passer à côté, de briller par mon silence, de ne pas avoir compris le bouquin, de ne rien avoir à dire, de ne jamais avoir fait de littérature, de ne pas être à ma place. Ce que j'ai fait jusqu'ici ne me sert à rien, je ne sais pas où est le problème, je crois que la méthode française craint.

J'hésite à persévérer, à voir une fois par semaine le mec le plus adorable et intelligent que j'ai rencontré jusqu'ici, à risquer de me planter, ou à choisir un autre cours. Le point presque rassurant est que BFF est dans le même cas. La transition est loin d'être évidente.

 

Commentaires

C'est normal, tu n'as commencé que depuis 2 semaines et je ne vois pas comment tu pourrais avoir le niveau de tes homologues britanniques en littérature anglaise.
Si ça peut te rassurer, j'ai vécu la même chose l'année dernière. Un cours de béton précontraint (chacune sa croix ;-)) incompréhensible appliquant la norme espagnole et illustré de transparents immondes. Aller 3h par semaine en amphi sans arriver à prendre des notes potables et sans comprendre plus du tiers de ce qui est enseigné est particulièrement déprimant et décourageant. J'ai failli jeter l'éponge et passer le rattrapage de septembre en France pour compenser, mais après être allée voir les profs et avoir fait mes plus beaux yeux de Bambi, j'ai eu droit à quelques tutorats, ai fait preuve de bonne volonté et ai finalement eu une super note. Les profs sont plus indulgents vis-à-vis des Erasmus du moment que tu montres que tu n'es pas venue simplement pour faire la fête.
Vois si ça vaut le coup de t'accrocher, sinon essaie de négocier avec ton université française pour modifier ton contrat d'études et prendre des cours plus adaptés.

Quant à ta coloc espagnole, si elle dit "stoudente" au lieu de "estoudente", je l'applaudis des 2 mains ! ;-)

Écrit par : Lu' | 07 octobre 2009

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c'est normal, c'est le début, non?
et puis, je sais pas si ça peut t'aider, mais essaie d'enregistrer tes cours, repasse les pus tard...

Écrit par : Miscellaneous | 07 octobre 2009

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Peut-être que tu peux en parler avec le prof en question, les profs anglais sont vraiment cools, enfin les miens l'étaient. Il peut t'expliquer des trucs (et ce n'est pas un moyen détourné d'aller le voir dans son bureau). Et puis, tu es tjs libre de changer, il faut pas hésiter a essayer un autre cours si tu en as la possibilité. Tu expliques cash qu'avec les stupid strikes, tu as eu des cours en moins et que tu as peur de ne pas avoir le niveau. Je me souviens que les cours des deux premieres années étaient plutot faciles, alors que les cours de 3eme année c'était ultra galère ( j'en ai bouffé du Tacherisme et des relations anglo-européennes... )

Et les cours pour étranger sont atrocement mauvais, j'avais envie de me pendre quand j'y allais...

Les erasmus espagnol n'étaient pas les plus faciles à comprendre, moi c'était les " Rrrrry think" qui me faisaient rire, alors que les italiens prononçaient toutes les syllabes; c'était mignon tout plein.

Mais c'est vrai qu'en littérature, ils sont super calés, c'est super différent de la france ( quoi que je touchais pas une quille en litté anglaise quand j'étais en hypokhagne, en plus on a fait de la poésie quasi toute l'année et même si à lire c'est joli, à analyser c'est... ).
Donc j'ai suivi un cours de civilisation, enfin un truc un peu touche a tout , et au début on commençait par Wuthering Heights... J'ai laché l'affaire a partir du 2eme cours ( qui était en plus à 9heures le lundi matin^^) Bon c'était du 2eme année, mais le prof parlait trop vite pour une heure aussi matinale

Voilà, si tu veux continuer le cours, chuis sure que ton prof sera RAVIE d'aider une étrangère ( en plus, comme les facs sont chères, les profs sont super gentils avec les étudiants qui sont leur gagne pain bien plus qu'en France) et toi tu seras contente aussi un petit peu!

Écrit par : camille | 07 octobre 2009

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Et pour le fait que tu parles des chinois ou des espagnols ou des turcs ou des auvergnats ( sujet tres délicat en france) je trouve ça normal. Etre erasmus c'est vivre d'un coup avec plein de nationalités différentes, on va quand meme pas nous bruler parce qu'en France on vit surtout avec des français! On a tous des cultures différentes et d'un coup on est confronté à des gens qui agissent bizarrement aux vues de nos habitudes, de nos schémas. Ce serait dramatique si on était tous pareils! Ma colloc brezilienne n'avait rien d'une grande meuf canon et bronzée portant des strings, et elle en riait elle même de si peu correspondre au "modele brezilien"... On fait tous de l'ethnocentrisme, tant qu'on ne force pas les gens à faire comme nous ça va ( même si bon soyons sérieux, les auvergnats quand y en a un ça va, mais quand y en a plusieurs, y a tjs des problèmes...)

Écrit par : camille | 07 octobre 2009

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