31 mai 2007

Pirates des Caraïbes : jusqu'au bout du monde de l'ennui

Pourquoi aller jusqu'au bout du monde si c'est pour nous pondre ça !

Hier soir, je suis donc allée m'ennuyer au ciné avec Jack Sparrow. 2h48. Interminable. La dernière fois que j'ai vu passer les minutes aussi lentement c'était pour le Seigneur des Anneaux.

Je ne me souvenais plus très bien du deuxième épisode. Je ne l'avais pas revu depuis qu'il était sorti au ciné, il y a ... un moment. Je me souvenais vaguement de l'histoire. Jack était fait prisonnier par le méchant Face de Poulpe, l'insignifiant Will Turner voulait récupérer son père, Mr Crustacé, et le méchant du premier épisode, Barbarella Barbossa, était réapparu comme par magie. Bien sûr le réalisateur n'a pas jugé bon de nous faire un résumé des épisodes précédents comme dans Spiderman (intelligent sur coup là, avec un résumé pendant le générique). Non. Tous les spectateurs sont des fans assidus qui ont pris soin de revoir l'épisode 2. Mais pas moi. Du coup j'étais totalement larguée au bout d'un quart d'heure. Je ne me rappelais pas le méchant de la compagnie des Indes qui avait pris le contrôle du Hollandais Volant (nom totalement ridicule pour un bâteau pirate, mais pourquoi pas). Je ne me souvenais pas que Face de Poulpe avait enfermé son coeur dans un coffre, que ledit coffre était entre les mains de la Compagnie des Indes et que finalement les vrais méchants c'était les Anglais. Mais j'admettais tout ça au fur et à mesure que le film avançait. Et surtout j'attendais patiemment le retour fracassant du génial Johnny Depp. Sauf que Johnny n'a rien fracassé du tout. Pendant les 20 ou 30 premières minutes (j'avais un peu perdu la notion du temps devant un tel ennui), point de Jack Sparrow puisqu'il est prisonnier dans l'enfer des pirates. Du coup ça cause, ça cause, ça fait des pactes, des alliances, des trahisons, ça cause, ça se prend au sérieux, ça veut diriger le monde et ça cause. Finalement Barbapapa Barbossa et l'insignifiant Will se décident à aller chercher Jack. Ce dernier tourne dingo dans un désert où le sable est dur comme du caillou et où les pierres se transforment en crabes (ne cherchez aucune logique dans cette histoire, il n'y en a pas). Jack tente quelques blagounettes qui tombent à plat, il sort du pays des morts avec Barbossa et le Black Pearl. Tout rentre à peu près dans l'ordre.

Part II, tuer Face de Poulpe. Pour ce faire les pirates du monde décident de se réunir pour une réunion de crise. A nouveau ça cause, ça cause, ça cause. Je ne comprends rien à leurs discours interminables dénués de tout second degré. Pacte, alliance et trahison, je ne sais plus qui est avec qui, qui est contre qui. On crie, surtout Keira, on se bagarre un peu, on voit passer Keith Richards (heureusement qu'on était prévenus depuis des mois sinon on l'aurait à peine remarqué) et finalement on décide d'une baston générale. Soulagement ! Ca fait presque une heure et demi qu'on assiste à leurs beaux discours sur le bien, la mal, l'honneur etc... Un peu d'action est la bienvenue. Face de Poulpe se décide à affronter Jack et Barbossa. Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille. L'insignifiant Will demande sa chérie en mariage. Keira en profite pour brailler un peu plus. Face de Poulpe finit dans les profondeurs de l'océan, Jack récupère son bâteau, l'insignifiant Will devient capitaine du Hollandais volant (un nom ridicule pour un personnage ridicule, enfin quelque chose de logique) et comme tout grand capitaine il enfile des bottes des sept lieues et un bandeau sur la tête qui lui fait friser ses mèches. Plus ridicule, tu meurs ! Keira finit seule et desperate housewife sur une île déserte et Jack repart pour de nouvelles aventures et surtout pour renouveler son stock de blagues qui était sérieusement à sec pendant le film.

J'ai vu sur Internet qu'un 4e épisode serait envisagé, genre que s'est-il passé très très longtemps avant (comme pour Star Wars) ou très très longtemps après. Dans les deux cas c'est une très très mauvaise idée.